Retards mentaux, troubles rénaux, malformations cardiaques, difformité des membres, cécités congénitales figurent parmi les pathologies les plus répandues. Au coeur de cette situation se trouvent les questions non seulement de ghettos, de mariages arrangés au sein d'une même communauté, mais aussi d'interruption volontaire de grossesse, encore réprouvée par bien des religions ou législations.
Lors de son enquête, l'auteur a constaté que le refus du dépistage d'une maladie génétique chez le foetus et de l'IVG, chez les juifs orthodoxes et les musulmans, font perdurer et même aggravent la situation.
A contrario, il prend l'exemple de la maladie de Tay-Sachs, une maladie dégénérative mortelle, très spécifique du judaïsme ashkénaze. Mais comment expliquer que cette maladie qui ravageait le monde orthodoxe soit aujourd'hui considérée comme éradiquée en Israël et aux Etats-Unis? s'interroge-t-il. Une seule explication; Dor Yeshorim! Repond-il.
Il s'agit d'une association fondée en 1983 par le rabbin orthodoxe américain Josef Ekstein, après que quatre de ses enfants moururent de la maladie de Tay-Sachs. Son idée était simple: puisque l'IVG est interdite par la religion juive, la seule façon de faire est d'agir avant le mariage. Pour cela, chaque jeune individu concerné subit un dépistage génétique par prélèvement sanguin. Chacun reçoit alors un numéro d'identification et un numéro de téléphone. Lorsqu'une fille et un garçon envisagent de se marier, ils appellent Dor Yeshorim et donnent leur numéro d'identification. Un programme informatique vérifie alors, de manière anonyme, s'ils sont compatibles. S'ils sont tous deux porteurs du gène de la maladie de Tay-Sachs, on leur déconseille le mariage. D'autres maladies sont maintenant aussi concernées, comme par exemple la mucoviscidose.