Toutes les interventions ici ont un ton, un propos, un regard authentiques et à la sortie de la lecture de ce numéro on connaît mieux, loin des volutes sulfureuses des « buzzs » médiatiques de l'époque, Hervé Guibert. L’écrivain authentique, l’amant vénéneux, la source d’inspiration d’écrivains marqués par le structuralisme, le photographe passionné et étrange, et la myriade de facettes d’un écrivain, d’un homme qui – malgré la brièveté de son existence – a eu le temps d’être fascinant. Trop sûrement : d’avoir été, par sa sexualité, sa souffrance, sa maladie, sa mort, hyper-médiatisé, il souffre assurément aujourd’hui d’une sorte d’oubli injuste.
C’est en cela que ce numéro de La Revue littéraire (Léo Scheer) est réussi. Il nous ramène au vrai Hervé Guibert, à son œuvre. Simplement. Radicalement aussi, comme le dit Bénédicte Heim dans son article de conclusion :
« Et ce qui est sûr, c’est ceci : après Guibert, c’est comme après Duras, on ne peut plus écrire pareil. »