Des serments de Strasbourg à Beethoven, de Villon à Ponge, de saint Augustin à Stendhal, Guyotat relit avec nous ces belles qui le touchent et l'émeuvent, et qui le forcent à réfléchir sur la question même de la littérature. L'ouvrage tient dès lors de l'anthologie commentée: avec sa simplicité et son intelligence, Guyotat cite et analyse longuement Chateaubriand, Saint-Simon ou Chénier, qui semblent ses écrivains préférés. On découvre dès lors qu'entre lui et ces auteurs classiques il n'existe pas vraiment de solution de continuité; plutôt une étroite passerelle qu'on n'avait peut-être pas vue, mais qui existe assurément, et que rien ne pourra détruire. La littérature classique relue par Guyotat: le projet était plus qu'appétissant; et cela donne des fulgurances comme celle-ci, sur Musset: On le prend pour une espèce d'auteur pour jeunes filles - pourquoi pas? les jeunes filles ne sont pas du tout ce qu'on pense.

Laurent Nunez