1671. Lolita ne vieillit pas de Julie Oyono (Juline B.) par Marianne Desroziers pour LE PANDEMONIUM LITTÉRAIRE.
Par general, mercredi 13 juillet 2011 :: #1671 :: rss
Sur le site LE PANDEMONIM LITTÉRAIRE, Marianne Desroziers évoque le recueil de nouvelles de Julie Oyono publié aux ELS dans la collection M@nuscrits.
Cinq nouvelles composent ce petit recueil de Julie Oyono ou plutôt Juline B., son nom d’auteur et de blogueuse, car cette jeune femme (par ailleurs journaliste dans la presse) s’est d’abord fait connaître par le biais d’Internet (j’ai décidé de ne plus m’exprimer sur les éditions Léo Scheer : je ferme donc cette parenthèse à caractère informatif).
Incontestablement, la demoiselle a la plume légère et le sens de la formule ainsi qu’en témoigne le titre du livre.
Examinons les nouvelles du recueil une par une :
─ « Lolita ne vieillit pas »
Charmante nouvelle érotique inspirée de Lolita de Nabokov et racontée du point de vue masculin (pas si simple quand on est une femme écrivain).
─ « La théière »
Méfiez-vous du côté anodin du titre car on assiste ici ni plus ni moins qu’à une kafkaïenne transformation d’une femme en théière. Avis aux âmes sensibles et aux amateurs de beaux objets : la chute sera terrible…
─ « Un divorce »
Un homme – Alain ─ écrit à son meilleur ami ─ Henry ─ pour lui annoncer son divorce. La mariée n’étant autre que la sœur d’Henry et le frère et la sœur ayant une relation pour le moins ambiguë, la lettre vire au règlement de compte non dénué d’une certaine misogynie. Juline B. prouve ici encore qu’elle possède du talent pour donner voix aux personnages masculins les plus vils. Une nouvelle très réussie !
─ « Un mariage »
Peut-être ma nouvelle préférée du recueil… Lors d’un mariage qui s’éternise, pour passer le temps, une vieille dame septuagénaire raconte à une jeune fille ses expériences amoureuses et sexuelles, notamment avec un fusainiste à six orteils qui réalisa son portrait… Une très belle nouvelle assez politiquement incorrecte et à la chute des plus savoureuses.
─ « Toutes les cerises ne finissent pas dans un panier en osier. Certaines pourrissent sur l’herbe humide. »
Cette nouvelle qui est largement la plus longue du recueil (46 pages) nous donne un aperçu de ce que pourrait être un (bon) roman de Juline B. En effet, ce texte ne manque pas d’ambition puisqu’on y suit une fillette jusqu’à l’âge adulte, de son âge d’or (quand elle a sept ans et que tout le monde admire ses gambettes) à la déchéance où la mènera son obsession des mollets.
Au terme de cette lecture très agréable, on pense au recueil de nouvelles de Bernard Quiriny, "Contes carnivores" qui lui aussi passe de l’érotisme à l’absurde ou au fantastique avec une grande facilité : les deux jeunes auteurs partagent ce même éclectisme et un talent certain pour la forme courte.
Juline B. est donc une écrivaine débutante et prometteuse que l’on a envie de suivre quelle que soit la structure éditoriale qui l’éditera…
Marianne Desroziers, le 13 juillet 2011

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