1594. Mo
Par general, mardi 7 juin 2011 :: #1594 :: rss
Nous venons d'apprendre avec une grande tristesse la mort, samedi soir, de Mo, le coauteur, avec Hieros, d'un très beau livre paru il y a tout juste un an, Le Sexe fort. Ce dialogue intense et raffiné autour de ce qui aura été la passion de sa vie, le jeux SM, demeure un souvenir étrangement lumineux pour tous ses lecteurs. De même, le souvenir que Mo laissera à ceux qui l'ont connu.
Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille et saluons affectueusement Hieros, son ami et complice.
Voici comment il se présentait lui-même au début du livre :
Yul Brynner pervers, regard hypnotique de gros chat, maturité d’une soixantaine encore discrète, voix de basse à faire fondre les murs, il a commencé par être bras de fer chez les maos avant de devenir gant de velours dans le SM. Personne ne manie mieux la badine que lui. La révolution, il a finalement préféré la faire en petits cercles. Pour Hieros comme pour d’autres, c’est un père qui a toujours tout partagé : ses convictions, ses femmes, son expérience et son savoir.
Et voici comment le livre débutait :
Mots de garde
Nous ne savons rien de plus que beaucoup d’autres. Nous n’avons rien inventé, rien découvert. Simplement vécu. Et lu. Comme souvent avec ce qui touche à Éros, on se demande parfois si les pages qu’on lui consacre ne sont pas noircies pour ramener les brebis égarées dans la reproduction au bercail de la production. Touchez l’eau, j’y ai plongé, elle est froide, nous dit-on : votre salut est ailleurs. Vrai, peut-être, mais tellement ennuyeux. Bien sûr, tout est vanité, bien sûr, le vieillissement des corps, bien sûr, l’affaissement du désir et le naufrage pathétique de l’amour. Mais faut-il mourir dès aujourd’hui parce que nous mourrons demain ? Nous revendiquons le droit à la jouissance, à la joie, à la légèreté, à l’inconséquence relative et, bien entendu, à l’erreur.
Pas question pour nous de donner de leçons à qui que ce soit. Cartésiens et obsédés sexuels, nous avons appris très tôt à nous méfier du scandale et nous avançons masqués. Comme la religion, le SM est une affaire intime qui n’a pas davantage vocation au prosélytisme qu’une autre sexualité.
Nous ne sommes pas psy et ne prétendons à aucun sérieux dans ce domaine. Il existe plusieurs sortes de masochismes, un seul mot, beaucoup de confusion. Ici, nous restons à la lisière de nos dépassements assumés en évoquant un SM vécu sans complexe qui privilégie la pulsion de vie et l’amour partagé.
Si nous avons dix lecteurs, si l’un d’eux réalise que sa solitude n’est qu’un isolement, nous n’aurons pas écrit ces lignes pour rien. Nous ignorions savoir des choses qui pouvaient en intéresser d’autres. Des soumises nous l’ont appris. Et nous ont demandé de les mettre en mots. Parce qu’elles auraient aimé les entendre plus tôt. Exceptionnellement, nous avons pris leur désir… comme un ordre.
Hieros & Mo

Commentaires
1. Le jeudi 9 juin 2011 par Alex
2. Le lundi 13 juin 2011 par Manuel
3. Le jeudi 16 juin 2011 par Tendre
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