1555. Coke de combat de Rip (Collection M@nuscrits) par Marianne Desroziers
Par general, lundi 2 mai 2011 :: #1555 :: rss
Voici des extraits de l'article de Mariane Desroziers sur le livre de Rip, Coke de combat, publié par les ELS dans la Collection M@nuscrits. Nous n'avons pas repris ici les attaques de cet article contre les ELS, attaques qui n'ont rien à voir avec l'article portant sur ce livre.
(...) Un Coke de combat rafraîchissant au possible.
Bassiste sans le sous, looser à ses heures, amateur de drogues douces (son pied de cannabis s’appelle Martine) et dures si affinité, papa d’un petit Zorg qu’il n’a pas reconnu, ex-taulard : c’est peu dire que le terme antihéros paraît un euphémisme concernant le narrateur de « C2C », un certain Rip.
Entre vols à l’arraché de ce délinquant - plus tout à fait juvénile –, concerts dans des bars miteux, sa relation tumultueuse avec Qacentina sa chère et tendre au caractère bien trempé et rencontres improbables, on suit avec plaisir les pérégrinations de notre antihéros si attachant. Au final, le livre qui ne fait pas cent pages se laisse lire comme un de ces vins que l’on boit sans soif et sans s'en rendre compte.
Mine de rien, au détour d'une page, Rip tacle avec fougue tel un petit footballeur vicieux, balance un riff énorme quand on s’y attend le moins, joue avec la langue, mêlant argot, verlan, jeux de mots et prose gainsbourienne.
Le livre se compose de 25 courts chapitres, comme autant de petites aventures cocasses et rocambolesques, forme qui doit beaucoup au fait que ces textes étaient initialement publiés sur Internet sur les site des éditions Léo Scheer.
(....)
Bref, revenons-en au livre de Rip dans lequel mon chapitre préféré s’intitule « Céline » ou comment écrire avec justesse, crudité et poésie une nuit d’amour torride mais sans lendemain avec une serveuse ch'ti dans une chambre d’hôtel minable !
Une lecture hautement recommandable donc : à lire de préférence en terrasse à l’heure de l’apéro !
Et un auteur à suivre, chez cet éditeur ou ailleurs : on peut déjà lire une de ses nouvelles inédites, "Mythonymphomane", sur le site des éditions de l'Abat-Jour.
Extrait :
« Dans ce train de banlieue on s'embrasse on se frotte on baise on fait les courses on a même des enfants on fait l'amour comme des bêtes préhistoriques légers comme des plumes on achète une tondeuse à gazon tu lis beaucoup enfin tu feins de lire nan finalement on n'a pas d'enfants on fait plutôt du bateau et on devient des vieux cons. Et puis...tu pars petite lady gare Sains-Lazare. On s'arrache. C'est dingue on se rencontre on s'aime on se quitte en vingt minutes. Sans même s'adresser un mot. Chérie. FIN. »
Marianne Desroziers, lundi 2 mai 2011

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