La rupture avec son passé l’engage dans l’incertitude du lendemain, la solitude, l’angoisse, un ensemble de malaises qu’il va devoir affronter.

Il prend appui sur la littérature, sur les petites nécessités du jour ; il craint de perdre l’éclat de sa jeunesse, la fraicheur de Sandra.

Il entame une correspondance passionnée avec sa jeune écolière qui lui répond en amoureuse.

Ecrit dans une langue épurée le livre de Serge Safran est à placer sur le rayon à côté de Point de lendemain de Vivant Denon.

Avec en supplément l’attente, l’oubli, les hésitations, les interrogations successives, la mélancolie qui l’étreint, Philippe se découvre le fils d’Amiel et de Constant, ces écrivains que Drieu appelait les « explorateurs de la marge ».

Ecrire, attendre à Paris que la plénitude d’une vocation se réalise ; qu’elle soit nourrie par un amour indéfectible. C’est le rêve de Philippe qui a besoin de tendresse pour oublier ses scrupules, sa fébrilité, craignant que l’affection que lui porte Sandra ne faiblisse.

Si plaisir d’amour ne dure qu’un instant, ce récit nous fait endosser une seconde jeunesse.

Alfred Eibel, le 9 avril 2011.