Certes, il ne tient qu'à moi d'y voir là qu'un chouia d'une encore ritournelle et décevante et navrante et qui démonte d'une énième malfaçon la malsaine pelote d'un mécanisme éternel selon lequel la croyance serait l'entraîneuse de haine et par voix de conséquence d'horreurs. Sachez que pour le botter en touche (...) moulte fumistes, bouffons, clowns que sais-je encore de drôles en tous genres ont ajouté que "le voyou rital" (je ne sais si ça existe vraiment un voyou rital) devrait y trouver tout content son conte, et même son cash.

Un cimetière est un cimetière. C'est plié et là-dessus j'y reviens pas. Mais attendez-vous à apprendre que celui de Prague est possédé d'odeurs sulfureuses tant l'invraisemblable Simon Somonini projette son hallucinante fixation mentale... sur tout ce qu'il voit et entend. Disons le sans barguigner... la haine dans cette affaire à l'italienne serait l'essentiel de la passion quand l'amour serait la situation déviante. Pour cette raison, limpide selon Umberto Eco, le Christ, qui parlait contre nature, est mort sur la croix. C'est ce que nous raconte le romancier, c'est là l'insufflé tout noir de son roman.

Pour les connaisseurs, je renvoie au philosophe Jean-Claude Milner, selon quoi il conviendrait "d'aller à la recherche des points décisifs que l'on peut choisir", "aller à l'essentiel" pour changer, tout du moins, tenter d'améliorer les choses de nos vies qui foutent le camp, et le moins qu'on puisse dire, dans tous les sens. Qu'il me soit permis, juste pour cette fois, de n'être pas d'accord avec le philosophe, et de penser que lire "Le cimetière de Prague" ce n'est pas aller à la recherche d'un point essentiel, décisif, parce que Monsieur Umberto Eco, dans son livre-roman, pour une fois, ne fera pas avancer le schmilblick. Je dirais même plus... - Sinon lire la noirceur des mots Eco, où se retrouver alors ? - Quelque part loin de tout, assurément un emplacement haut, où vous pourrez tout voir venir.

Umberto Eco "Le cimetière de Prague"