1519. Véronique Fiszman dans MARIANNE.
Par general, dimanche 20 mars 2011 :: #1519 :: rss
Célibataires de plus de 40 ans: le salut existe !
Par Elodie Emery.
Pour son quatrième roman, Véronique Fiszman nous invite à Angers, dans l'intimité d'une femme à qui tout sourit, sauf les hommes. Le charme d'une comédie romantique, le cynisme en plus.
Constance de Mazan est une jolie femme. Elle travaille, elle est passionnée de musique classique et de lecture, elle ne souffre d’aucune infirmité particulière… Et pourtant, elle est célibataire. Passé 40 ans, voilà ce qui est considéré comme le handicap le plus sérieux. C’est en tout cas ce que semblent penser les collègues de Constance, une bande de harpies qui ne manquent pas une occasion de la pointer du doigt en ricanant, comme à la belle époque des pestes à l’école.
Si Constance éprouve quelque affection pour son patron Marc (expression désuète pour signifier qu’il l’excite, un constat que les manières surannées de Constance l’empêchent de formuler en ces termes), il perd des points dans son estime lorsqu’elle réalise qu’il couche avec Bernardine, l’une des pestes du cabinet de radiologie dans lequel ils travaillent. D’autant que Marc est marié : il cumule donc le mauvais goût et l’infidélité. Et pourtant… L’irrécupérable célibataire et le coureur bling-bling finiront bien par se trouver dans le même lit.
Voilà donc une trame de comédie romantique, mais que Véronique Fiszman ne se gêne pas pour adapter à son goût. Un goût qui fait largement l’impasse sur les tournures édulcorées ou une vision fleur bleue de la rencontre amoureuse. L’auteur laisse filtrer le regard qu’elle pose sur ses personnages, un regard magnifiant ou franchement désabusé, mais toujours empathique.
C’est souvent drôle, et c'est bien cette atmosphère d’apparente légèreté qui rend les moments plus sombres franchement angoissants. L’auteur met son lecteur en confiance en prétendant qu’elle n’aspire qu’à nous faire passer un agréable moment, avant de l’attaquer en traître au moment où il s'y attend le moins.
Heureusement, bien qu'un rien sadique, Véronique Fiszman a conservé le critère indispensable à toute comédie romantique : le roman finit bien.
Elodie Emery, le 19 mars 2011.

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