Le vent tourne prend ainsi l'allure d'un jubilatoire jeu de massacre grâce à deux trouble-fête qui, tel Peter Sellers filmé par Blake Edwards, vont provoquer dans cette party des catastrophes en série : le jeune Benjamin, inadapté social vivant dans l'ombre envahissante de son père, et l'expérimenté Edmond, éditeur en vue qui voit surtout son épouse flirter ouvertement avec d'autres mâles. Éclairant à tour de rôle les différents acteurs d'un huis clos alcoolisé, Sibylle Grimbert nous les montre s'insulter, fraterniser, draguer, tomber la chemise, participer à une chenille endiablée ou se pencher dangereusement au balcon. Ils rentreront chez eux persuadés que ce vent de folie apportera un second souffle à leur existence. Mais, comme le rappelle avec brio ce roman féroce, même les soirées les plus tourbillonnantes sont bien incapables de nous emporter loin du marasme de notre quotidien.