1415. Qui est Yvonne Baby ?
Par general, mercredi 20 octobre 2010 :: #1415 :: rss
La librairie des Abbesses et les Éditions Léo Scheer vous invitent à la lecture et la signature du roman ''Le Troisième ciel'' d’Yvonne Baby le mercredi 27 octobre 2010 à partir de 18h30.
Librairie des Abbesses
30 rue Yvonne Le Tac 75018 Paris
Tél : 01 46 06 84 30

Yvonne Baby et Orson Welles
Qui est Yvonne Baby ?
Yvonne Baby a toujours vécu parmi des intellectuels et des artistes. Ses parents ont été politiquement engagés, antifascistes et résistants. Son père, Jean Baby, professeur d’histoire, a donné, dans les années de l’après-guerre, des cours de marxisme et d’économie politique à l’Institut des Sciences Politiques. Son beau-père, Georges Sadoul, a appartenu au mouvement surréaliste et il est l’auteur de l’Histoire Générale du Cinéma. Elle a deux fils musiciens.
Yvonne Baby entre, en 1957, au journal Le Monde où elle deviendra critique de cinéma (au Festival de Cannes 1983, elle a été la vice-présidente du jury auprès de William Styron, président). En 1970, Jacques Fauvet, le directeur du Monde, lui confie la création du service culturel qu’elle dirige jusqu’en 1986.
Romancière, Yvonne Baby a écrit notamment Oui, l’espoir (Prix Interallié 1967), Kilroy (1980), La Vie retrouvée (1992), puis, dans la collection l’Arpenteur, aux Éditions Gallimard, Gris Paradis (2003), La Femme du mur (2004) et, en avril 2008, Quinze hommes splendides.
Questionnaire de Marcel Proust
Le principal trait de mon caractère
L’innocence
La qualité que je désire chez un homme
La persévérance
Ce que j’apprécie le plus chez mes amis
La fidélité
Mon principal défaut
La gentillesse
Mon occupation préférée
Écrire
Mon rêve de bonheur
Pouvoir continuer à écrire
Quel serait mon plus grand malheur
La mort de mes proches
Ce que je voudrais être
Ce que je suis, en mieux
Le pays où je désirerais vivre
Paris
La couleur que je préfère
Le bleu profond
La fleur que j’aime
La pivoine
L’oiseau que je préfère
Le merle chanteur
'Mes auteurs favoris en prose
Stendhal, Faulkner, Scott Fitzgerald, Thomas Bernhard, J.JM, Coetzee
Mes poètes préférés
René Char, Paul Celan, Giuseppe Ungaretti, Marina Tsvetaeva, Anra Akhmatova, Vladimir Maïakovski
Mes héros favoris dans la fiction
Le prince André (La Guerre et la Paix) et le prince Mychkine (L’Idiot) chez Tolstoï. Simon (Les enfants Tanner – Robert Walser), Gatsby (Gatsby le Magnifique de Scott Fitzgerald) et Hamlet
Mes héroïnes favorites dans la fiction
Anna Karénine, Phoebe (L’embranchement de Mugby – Charles Dickens), Bérénice
Mes compositeurs préférés
Bach, Mozart, Haydn, Beethoven, Mendelssohn, Debussy, Keith Jarrett, Théolonious Monk
Mes peintres favoris
Picasso, Bonnard, Braque, Malévitch, Rembrandt, Piero della Fancesca
Mes héros dans la vie réelle
Charles de Gaulle, Charlie Chaplin, Gleen Gould, Antonio Gramsci
Mes héroïnes dans l’Histoire
Simone Weil, Geneviève Antonioz-de Gaulle, Martha Gellhorn
Mes noms favoris
Claire, Nicolas, Olivier, Jean, Rébecca, Louise, Anna et Augustin
Ce que je déteste par dessus tout
La trahison
Caractères que je méprise le plus
Les délateurs et les vaniteux
Le fait militaire que j’estime le plus
La Résistance
La réforme que j’admire le plus
Le vote des femmes
Le don de la nature que je voudrais avoir
Avoir 20 ans de moins
Comment j’aimerais mourir
A cent ans, en bonne santé
Etat présent de mon esprit
Inquiet, avec curiosité
Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence
Le retard, le mensonge
Ma devise
Hélas ! Donc, en avant !
L’auteur parle de son livre
Mon premier roman avait pour titre Oui, l’espoir, et après toutes ces années, je découvre ses liens avec Le Troisième ciel. Il s’agit d’espoir, à nouveau, de cet espoir qui est un « devoir du sentiment » dit Pessoa.
Un espoir, né de ma propre expérience. Expérience de la guerre et de toutes ses conséquences, ce qui m’amène à penser aujourd’hui : la guerre est mon premier maître. J’étais une enfant, et cette époque a touché et meurtri mes proches : ma mère était juive, polonaise, elle a émigré et elle est devenue française par mariage, mais les siens mourront pendant l’insurrection du ghetto de Varsovie. Mon père était un historien marxiste, engagé politiquement, tous les deux seront des résistants.
Dans ma famille, comme dans ce roman, on rêve, on résiste, on vit de sentiments et d’utopie, on écoute de la musique ou on en fait, on lit, on partage, on écrit. Ainsi j’écris, imprégnée de ce qui a constitué mon histoire au sein de l’Histoire, avec, en tête, qu’il n’y a pas de mémoire sans passé.
Deux couples vont s’aimer dans Le Troisième ciel. Sonia et Augustin, qui auront vécu des temps malheureux jusqu’à leur rencontre après de grandes souffrances. Et jusqu’à ce que Sonia, dans un élan personnel et mystérieux, écrive La Seconde lumière, un conte survivant, dit-elle, parce qu’il se passe dans un Lager – un camp de concentration et d’extermination. Là -bas, une très jeune fille, Anna, survit grâce à sa jeunesse, à sa beauté, à la protection secrète et inattendue d’un Allemand. Grâce surtout à son amour pour Jozef, un très jeune homme, son voisin dans le train qui va les déporter. L’amour qui les unit me rappelle ce qu’écrit Shakespeare dans Coriolan : Celui qui doit aime, aime à première vue. Mais sans l’amour d’Augustin, sans l’espoir d’Augustin, Sonia n’aurait pas pu écrire La Seconde lumière, un acte d’espérance, un acte de foi.
Quand j’étais jeune, nous nous disions avec mes amis : le roman, c’est le sentiment. Je le crois de plus en plus, et ce roman, une fiction pure, nourrie, bien sûr, de tout ce que j’ai senti, appris, vécu, ce roman raconte dans le mouvement musical des vingt-quatre préludes et fugues de Bach, comment l’emporte le sentiment. Comment l’amour est capable de surmonter les pires malheurs et les pires barbaries.
Au bout du compte, la force de l’espoir, c’est la force de l’émotion, c’est, si je puis dire, la santé, la morale, la culture de l’amour. Une force, des forces qui ont à voir avec Le Troisième ciel : « où se meut l’esprit » dit Dante dans Le Paradis, avec le ciel dont Jean Genet a écrit qu’il est la plus haute région de nous-mêmes.
Ses autres livres :


Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire